JE RESPIRE AUX PROFONDEURS

JE RESPIRE AUX PROFONDEURS

Performance audiovisuelle & Jeu vidéo
2022-2026
Projection vidéo, miroir grossissant, jeu de lentilles optiques
Coul. et n&b
Création vidéo, conception jeu vidéo et création sonore : Stéphane Privat
Musiques : Ilia Osokin, Jimmy Boury
Première étape de travail : 4.11.2022, festival Vision'R (Paris)
Deuxième étape de travail : 29.08.2025, présentation au 100 ECS (Paris)

Je respire aux profondeurs est une performance audiovisuelle et vidéoludique qui appréhende les mondes souterrains comme une sorte de projection du magma anonyme collectif, mais aussi comme la mémoire d’un monde oublié. Les profondeurs sont d’abord celles du temps et de l’image, d’où remontent/affleurent des voix, des ombres, des créatures, des figures, des mots, des dates, des chants et des choses abîmées. À partir d’archives visuelles et sonores collectées au fil du temps, la performance trame des trajets souterrains dans lesquels s’intriquent rêve et histoire, surfaces et profondeurs, présent historique et mouvements archaïques.

La performance agence un dispositif singulier, constitué de lentilles positionnées devant un vidéoprojecteur qui projette vers le public, et d’un miroir interposé pour réfléchir la projection vers l’écran situé en fond de scène. Ce démontage du système de projection, actif par sa fragilité, exposé à la vue des spectateurs, entraîne d’abord un renoncement du regard à assurer quelque prise dans l’image. Mais le dessaisissement provoque aussi, lorsqu’il ne cesse d’agir, l’entrée d’une vue neuve, hors sujet, qui s’impose à nous comme une obligation de se démettre pour en venir à regarder autrement.

La performance présente également une composante vidéoludique. Manette en main, les participants sont invités à explorer les profondeurs à la manière d’un labyrinthe. Les souterrains y sont représentés sous la forme d’un croquis cartographique tracé à la plume. Que les joueurs et les joueuses préfèrent s’y attarder, à la recherche de passages secrets et de choses sombrées, ou qu’ils/elles soient en quête d’une issue vers la surface, leur cheminement donne à la performance son rythme et sa pulsation – tout comme les trajets successifs inscrivent leur durée et leur mouvement dans le mixage des images. L’exploration y est affaire de seuils – de zones de mutation et de transition, de passages d’un état à un autre – propices au surgissement et à la transformation des images.

La performance est structurée en cinq niveaux. Si chaque niveau aménage des chemins et des trajets souterrains qui lui sont propres, le mixage des images poursuit et prolonge quant à lui plusieurs axes transversaux : le rapport entre surface et profondeur ; la relation dialectique entre l’archaïque et le moderne ; le motif de l’abîme associé à la question du temps et à celle du langage ; la subjectivité hors sujet ; les gestes de dénotation et leur enregistrement dans une empreinte matérielle.

English

I Breathe in the Depths is an audiovisual and video game performance that approaches the underground worlds as a kind of projection of anonymous collective magma, but also as the memory of a forgotten world. The depths are first and foremost those of time and image, from which voices, shadows, creatures, figures, words, dates, songs, and sunken things emerge. Using visual and sound archives collected over time, the performance weaves underground paths in which dreams and history, surfaces and depths, historical present and archaic movements are intertwined.

The performance uses a unique device consisting of lenses positioned in front of a video projector that projects towards the audience, and a mirror placed in between to reflect the projection onto the screen at the back of the stage. This dismantling of the projection system, active in its fragility and exposed to the view of the spectators, initially causes the gaze to give up any attempt to grasp the image. But this relinquishment also provokes, when it continues to act, the emergence of a subjectless gaze, which imposes itself on us as an obligation to withdraw in order to see things differently.

The performance also includes a video game component. With a controller in hand, participants are invited to explore the depths as if they were in a maze. The underground galleries are represented in the form of a pen-and-ink cartographic sketch. Whether players prefer to linger there, searching for secret passages and forgotten things, or are looking for a way out to the surface, their wanderings determine the pace of the performance – just as their successive journeys made inscribe their duration and motion into the mix of images. Exploration here is a matter of thresholds – areas of mutation and transition, passages from one state to another – conducive to the emergence and transformation of images.

The performance is structured in five levels. While each level has its own underground paths and routes, the mixing of images extends several cross-cutting themes: the relationship between surface and depth; the dialectical relationship between the archaic and the modern; the motif of the abyss associated with the question of time and language;  subjectivity without subject; gestures of denotation and their recording in a material imprint.

Image : Gwendal Karmann
Image : Gwendal Karmann
Image : Gwendal Karmann

La performance est évolutive. Chaque présentation est envisagée comme une étape de travail et comme un stade de développement du jeu.

Première étape : novembre 2022 (dans le cadre du festival Vision’R)

Deuxième étape : août 2025 (au 100 ECS, Paris)

A L’ORDRE DE SA PROPRE NUIT

A L’ORDRE DE SA PROPRE NUIT

Performance audiovisuelle
2017 - 2018
Projection vidéo : 16/9, coul. et n&b, 1080i
Création vidéo et création sonore : Stéphane Privat 
Avec la voix de : Marta Rossi
Première présentation : 18 novembre 2017, cinéma Le Caméo, dans le cadre du festival Dream Factory (Metz)

D’un côté, le récit d’une monteuse hantée par un visage qu’elle croit retrouver dans chaque image qu’elle manipule. De l’autre, une figure qui dérobe les gestes du performeur au sein de la représentation. Entre les deux : un même attrait de l’image qui tient au dévoilement de l’impersonnel.

A l’ordre de sa propre nuit peut être envisagée comme une performance audiovisuelle et comme une représentation cinématographique qui s’élaborent l’une sur l’autre. A travers le récit d’une monteuse, il s’agit de suivre le cheminement d’une voix (off) entre le lieu de la performance et son inscription à l’écran. Entre les errances de la voix et les gestes du performeur – tous deux prétendant émettre le récit dans lequel ils sont pourtant enchâssés – c’est la question de l’énonciation qui est en jeu : quelles négociations entre la performance in situ et le site du film ? de quel espace off relève cette voix ? que peut l’écriture cinématographique ainsi livrée à l’extériorité de son propre dispositif ?

Images :

Stephane-Privat_Ordre-nuit

Capture d_écran 2018-11-20 à 22.18.21 (2)

Festival Traverse Video 2019 (Toulouse)

Comment survivre en milieu hostile tempéré #13, Delphine Jonas

2015
Performance audiovisuelle
Projection vidéo : 16/9, Coul. et n&b, 1080i
Conception : Delphine Jonas
Vidéo : Stéphane Privat
Musique : Jacques Chevrel
Participation le 31 mai 2015 à Paris, sur l’invitation de Delphine Jonas
Dans le cadre du festival Vision’R 2015

Comment survivre en milieu hostile tempéré est une série de 13 pièces performatives montrées dans 13 espaces différents entre 2005 et 2015 (en France, en Belgique, en Grèce et à NYC).

Ces pièces sont orchestrées par un programme informatique conçu sur MAX/ MSP par François Weber. Le programme s’apparente à un générateur de contraintes instillées pour composer en temps réel. Chaque injonction numérique est une invitation à produire selon un axe dramaturgique propre au programme, que l’artiste interprète librement.

Les pièces et les laboratoires qui lui sont associés, sont conçues comme un entraînement pour rester vivant. L’homme / l’artiste, mis en situation de répondre à des demandes, se confronte à lui-même, au groupe et à la machine. La volonté d’accepter ou de résister est au coeur de l’expérience, tout comme les notions de métamorphose et de dépassement.

Pour chaque pièce, de nouveaux artistes, de différentes disciplines sont invités (théâtre, danse, vidéo, musique).

Le programme génère des contraintes d’actions et de durée. L’intitulé de chaque action (Verbe + COD + COI) est lui-même composé de manière aléatoire à partir de différents répertoires de mots. Ces répertoires sont en évolution constante et repensés à chaque étape de développement (selon l’espace et la discipline des artistes). Ils diffèrent selon les niveaux de l’entraînement. Il existe en effet 3 niveaux d’entraînement fondés sur les 3 étapes de la métamorphoses définies par Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra (le chameau, le lion et l’enfant).

Certaines fonctions du programme permettent de solidariser ou désolidariser ces répertoires entre eux selon si l’on souhaite maîtriser la cohé­rence des injonctions et générer un sens particulier ou au contraire le perturber. Concernant la durée, chaque session est unique et peut durer de 1 min à plusieurs jours.

Delphine Jonas

+ infos

les veilleurs d’images

LES VEILLEURS D’IMAGES

Performance audiovisuelle
2015 - 2016 Projection vidéo : 16/9, coul. et n&b, 720p Durée : 40 minutes Création vidéo : Stéphane Privat Musique de Jacques Chevrel jacqueschevrel.bandcamp.com Première présentation : 10 octobre 2015, festival LUX !, ancienne usine Rhodiacéta, Besançon Avec le soutien de Vision'R vision-r.org

French

Les Veilleurs d’images est une performance audiovisuelle qui fait suite au spectacle You Scared Me (groupe Composit, 2014).


L’idée derrière Les Veilleurs d’images est de créer un récit détaché du spectacle initial et centré sur le personnage de l’homme à la caméra. Combinant des images créées pour le spectacle et d’autres glanées au fil du temps, cette performance audiovisuelle se concentre sur la personne derrière la caméra et sur sa banque d’images.

La performance s’inspire également de la figure du « preneur d’images » imaginée par Fernand Deligny. A partir d’archives personnelles glanées au fil du temps et de quelques images de chevets (tirées des films Le Miroir, Stalker, Le Tempestaire ou encore Les Yeux sans visage), Les Veilleurs d’images déroule une série de sept poèmes visuels dédiés à l’infinitif camérer :

Alors camérer ? Ca serait profiter de cette chambre à moudre pour bigler un peu vers autre chose que le cours même des événements qui sont ce qu’ils sont, étant vécus par des hommes, vécus c’est beaucoup dire, quoi qu’on en dise quand il s’agit d’un film de fiction. Autre chose ? Ces choses qui touchent, qui font émoi, on ne sait pas pourquoi. Elles échappent à l’histoire, avec ou sans majuscule, mais, sans elles, l’histoire ne serait pas ce qu’elle est. C’est un bien joli verbe que bigler. Il y aurait comme deux oculare, deux oculaires, et non pas pour voir en relief, deux oculaires, comme il y a deux mémoires, si bien que le on qui tourne aurait comme un œil qui traine en quête de ce qu’il pourrait bien y avoir de simplement humain, ne serait-ce que des bribes, outre et par-delà la scène scénariée. Il faudrait inventer la caméra bigle.

Fernand Deligny, « Camérer » in Caméra/Stylo, n°4, septembre 1983

Le processus de création fait également dialoguer l’image et le médium : prises de vues, impression de photogrammes sur support papier, projection vidéo sur les surfaces imprimées, refilmage, mixage live des images.

Présentée pour la première fois dans l’ancienne usine Rodhiacéta de Besançon, la performance a aussi été l’occasion d’explorer les archives du CCPO (films, photographies, articles) consacrées au groupe Medvedkine de Besançon.

La performance a continué d’évoluer au fil des présentations : festival Bandits-Mages (Bourges), festival Photophore (Tremblay-en-France), festival Dream Factory (Metz), soirée IRL au Jardin d’Alice (Montreuil).

English

Les veilleurs d’images (The Image Watchers) is an audiovisual performance following on from the show You Scared Me (groupe Composit, 2014)

The idea behind Les Veilleurs d’images is to create a narrative detached from the first show and focusing on the character of the man with the movie camera. Combining images created for the show with others gleaned over time, this audiovisual performance concentrates on the person behind the camera and on his bank of images.

The performance is also inspired by the character of the “image taker” imagined by Fernand Deligny. Based on personal archives gathered over time and a few images from films (taken from Le Miroir, Stalker, Le Tempestaire, and Les Yeux sans visage), Les Veilleurs d’images unfolds a series of seven visual poems dedicated to the infinitive “camérer” (camera-ing):

“Camera-ing, what’s it about? Taking advantage of this milling chamber to get a little squint at that something else, beyond the actual flow of events which are what they are, being lived out by people. ‘Lived’ is saying a lot, whatever anyone says, when we’re talking about a fictional film. ‘Something else’? Things which touch you, move you, we don’t know why. They aren’t included in the story, or History with a capital H, but without them the story wouldn’t be what it is. ‘Squint’, what a pretty word, as if there were two eyes, double eyepieces, not for seeing in relief but two eyes like there are two memories, so that the one filming would have as it were a trailing eye looking out for anything there, even just a snippet, which is simply human, beyond and above the scripted scene. We ought to invent the squinting camera.”

Fernand Deligny, “Camérer” in Caméra/Stylo, n°4, Septembre 1983.

The creative process also involves a dialogue between image and medium: shooting, printing photograms on paper, video projection onto printed surfaces, refilming and live mixing of images.

Presented for the first time in Besançon’s former Rodhiacéta factory, the performance was also an opportunity to explore the CCPO archives (films, photographs, articles) devoted to Besançon’s Medvedkine group.

The performance continued to evolve with each new presentation: Bandits-Mages festival (Bourges), Photophore festival (Tremblay-en-France), Dream Factory festival (Metz), IRL evening at Jardin d’Alice (Montreuil).