LES VEILLEURS D’IMAGES

Performance audiovisuelle
2015 - 2016 Projection vidéo : 16/9, coul. et n&b, 720p Durée : 40 minutes Création vidéo : Stéphane Privat Musique de Jacques Chevrel jacqueschevrel.bandcamp.com Première présentation : 10 octobre 2015, festival LUX !, ancienne usine Rhodiacéta, Besançon Avec le soutien de Vision'R vision-r.org

French

Les Veilleurs d’images est une performance audiovisuelle qui fait suite au spectacle You Scared Me (groupe Composit, 2014).


L’idée derrière Les Veilleurs d’images est de créer un récit détaché du spectacle initial et centré sur le personnage de l’homme à la caméra. Combinant des images créées pour le spectacle et d’autres glanées au fil du temps, cette performance audiovisuelle se concentre sur la personne derrière la caméra et sur sa banque d’images.

La performance s’inspire également de la figure du « preneur d’images » imaginée par Fernand Deligny. A partir d’archives personnelles glanées au fil du temps et de quelques images de chevets (tirées des films Le Miroir, Stalker, Le Tempestaire ou encore Les Yeux sans visage), Les Veilleurs d’images déroule une série de sept poèmes visuels dédiés à l’infinitif camérer :

Alors camérer ? Ca serait profiter de cette chambre à moudre pour bigler un peu vers autre chose que le cours même des événements qui sont ce qu’ils sont, étant vécus par des hommes, vécus c’est beaucoup dire, quoi qu’on en dise quand il s’agit d’un film de fiction. Autre chose ? Ces choses qui touchent, qui font émoi, on ne sait pas pourquoi. Elles échappent à l’histoire, avec ou sans majuscule, mais, sans elles, l’histoire ne serait pas ce qu’elle est. C’est un bien joli verbe que bigler. Il y aurait comme deux oculare, deux oculaires, et non pas pour voir en relief, deux oculaires, comme il y a deux mémoires, si bien que le on qui tourne aurait comme un œil qui traine en quête de ce qu’il pourrait bien y avoir de simplement humain, ne serait-ce que des bribes, outre et par-delà la scène scénariée. Il faudrait inventer la caméra bigle.

Fernand Deligny, « Camérer » in Caméra/Stylo, n°4, septembre 1983

Le processus de création fait également dialoguer l’image et le médium : prises de vues, impression de photogrammes sur support papier, projection vidéo sur les surfaces imprimées, refilmage, mixage live des images.

Présentée pour la première fois dans l’ancienne usine Rodhiacéta de Besançon, la performance a aussi été l’occasion d’explorer les archives du CCPO (films, photographies, articles) consacrées au groupe Medvedkine de Besançon.

La performance a continué d’évoluer au fil des présentations : festival Bandits-Mages (Bourges), festival Photophore (Tremblay-en-France), festival Dream Factory (Metz), soirée IRL au Jardin d’Alice (Montreuil).

English

Les veilleurs d’images (The Image Watchers) is an audiovisual performance following on from the show You Scared Me (groupe Composit, 2014)

The idea behind Les Veilleurs d’images is to create a narrative detached from the first show and focusing on the character of the man with the movie camera. Combining images created for the show with others gleaned over time, this audiovisual performance concentrates on the person behind the camera and on his bank of images.

The performance is also inspired by the character of the “image taker” imagined by Fernand Deligny. Based on personal archives gathered over time and a few images from films (taken from Le Miroir, Stalker, Le Tempestaire, and Les Yeux sans visage), Les Veilleurs d’images unfolds a series of seven visual poems dedicated to the infinitive “camérer” (camera-ing):

“Camera-ing, what’s it about? Taking advantage of this milling chamber to get a little squint at that something else, beyond the actual flow of events which are what they are, being lived out by people. ‘Lived’ is saying a lot, whatever anyone says, when we’re talking about a fictional film. ‘Something else’? Things which touch you, move you, we don’t know why. They aren’t included in the story, or History with a capital H, but without them the story wouldn’t be what it is. ‘Squint’, what a pretty word, as if there were two eyes, double eyepieces, not for seeing in relief but two eyes like there are two memories, so that the one filming would have as it were a trailing eye looking out for anything there, even just a snippet, which is simply human, beyond and above the scripted scene. We ought to invent the squinting camera.”

Fernand Deligny, “Camérer” in Caméra/Stylo, n°4, Septembre 1983.

The creative process also involves a dialogue between image and medium: shooting, printing photograms on paper, video projection onto printed surfaces, refilming and live mixing of images.

Presented for the first time in Besançon’s former Rodhiacéta factory, the performance was also an opportunity to explore the CCPO archives (films, photographs, articles) devoted to Besançon’s Medvedkine group.

The performance continued to evolve with each new presentation: Bandits-Mages festival (Bourges), Photophore festival (Tremblay-en-France), Dream Factory festival (Metz), IRL evening at Jardin d’Alice (Montreuil).

Une réflexion sur “les veilleurs d’images

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